« Hadhret Wasl », un show musical où la voix, le charisme et le charme envoutaient l’assistance

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La personnalité de Ghalia Benali a fait d’elle une artiste unique, l’énergie qu’elle dégage est débordante. Et pour sa première fois sur la scène du Festival international de Carthage, elle réunit les meilleurs musiciens pour sa « Hadhret Wasl », un show musical  où la voix, le charisme et le charme envoutaient l’assistance. 

C’est avec « Ya Msafet Wahdak » que Ghalia ouvre son spectacle, une chanson du grand Abdelawahab qu’elle adapte à sa voix et à sa personnalité. Les cheveux en bataille, une robe à froufrou et une plume fuchsia en guise d’accessoire, Ghalia séduit son public par ses interprétations libres et libérées du Tarab oriental…

C’est une artiste qui est tombée très tôt dans cet univers de performance vocale, et portée par un souffle soufi et mystique qui l’a fait distingué des chanteuses de sa génération. Ghalia combine les deux, son rapport au chant est un rapport spirituel, une sorte de rencontre entre elle et les musiciens qui l’accompagnent. Elle les taquine, les interpelle, les invite à des solos et des battles et surfe avec eux sur les modes et les variations. 

La marge d’improvisation est importante dans le travail de Ghalia Benali. Et le public de Carthage l’a suivi dans ses envolées. Sur les pas des grands comme Om Khalthoum de qui elle a interprété «  Inta Omri » et «  Alf Lilia », elle s’ouvre des brèches et de nouveaux sentiers…

Son répertoire personnel est fait de textes qu’elle écrit et compose, se sont des morceaux où elle expérimente de nouvelles pistes, elle part à la recherche de nouvelles rencontres, et c’est en compagnie de ses musiciens qu’elle laisse libre cours à ses créativités. 

Durant deux heures et demi de spectacle, l’infatigable Ghalia a fait voyager son public, lui offrant ce qu’il attendait d’elle et plus encore, en lui réservant aussi  des surprises…les quatrains de Salah Jahine restent une pièce maitresse de son spectacle, un moment de pure intensité qui a donné une autre direction à la soirée. 

En invitant son guitariste sénégalais à la rejoindre sur scène Ghalia, change de direction et opère un retour au continent africain, les sonorités chaudes et les rythmes terriens consolident l’ensemble. 

L’apport des frères Gharbi qui jouent pour la première fois avec Ghalia était inestimable, en plus d’une pléiade de musiciens : Ayman Asfour  au violon, Ibrahim Al Tahlawy au saxophone, Vincent Noiret à la contrabasse, Belhassen Souni au bendir, Naim ben Abdallah et Nasser Salama aux Percussions, Khalid Kouhen à la Tabla indienne, Malick Diaw à la guitare et  Aly Al Bayati au quanun. 

La clôture de la soirée, elle la voulait tunisienne et c’est à la demande de son public que Ghalia a chanté « Taht El Yasmina » de Hedi Jouini. Le pari de Ghalia Benali est réussi et celui de festival de Carthage aussi. 

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